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Stéphane Moreau : « La venue de Landry Chauvin est une grande chance »

Sébastien H. 9 mars 2012 Interviews 3 commentaires
Stéphane Moreau : « La venue de Landry Chauvin est une grande chance »

En prévision du 8e de finale de Coupe Gambardella qui opposera le FC Nantes au Stade Lavallois ce dimanche 11 mars, Stéphane Moreau nous a fait l’honneur de nous consacrer un long entretien en exclusivité, malgré son emploi du temps très chargé de « big boss » du centre de formation tango. Ce formateur, pur produit Canari, ancien joueur de Nantes pendant 12 saisons et champion de France en 1995, a plus récemment emmené les U19 du FC Nantes jusqu’en finale de cette compétition majeure, avant de partir vers la Mayenne. Avec lui, nous abordons cartes sur table les sujets de la formation, du FC Nantes, de son travail au Stade Lavallois ainsi que ses projets pour l’avenir.


Bonjour Stéphane. Alors, comment abordez-vous le match de dimanche ?

Bonjour. Très normalement, c’est-à-dire comme un match intéressant en termes de formation, avec les informations que peuvent révéler ce type de match de haut niveau.

Serez-vous présent au stade Marcel Saupin dimanche ?

Oui je serais présent, comme j’étais présent à Lorient pour le tour précédent. Il est important d’avoir une vision de l’ensemble des joueurs en formation, je vois donc l’ensemble des catégories de U15 à U19.

J’imagine que vous travaillez en lien extrêmement étroit avec Bernard Mottais (ndlr : l’entraîneur des U19 lavallois). Ce dernier n’apparaît pas très confiant et parle même d’exploit si Laval parvenait à se qualifier. Quels sont vos objectifs en tant que formateur sur ce match, et sur quelles forces comptez-vous pour parvenir à réaliser ce fameux « exploit » ?

Oui, il existe une relation étroite avec les éducateurs, il s’agit même d’amitié. Cependant, je leur laisse une grande marge de fonctionnement car il est primordial que chaque coach prépare et vive ses séances pour transmettre les messages. On peut légitimement dire que Nantes est le grand favori de ce match, d’autant plus qu’il nous manque des éléments importants. Malgré tout, nous avons préparé très sérieusement ce match, avec un projet adapté. Mon objectif est de voir notre équipe ambitieuse dans le jeu et animée d’une grande force mentale et collective.

À votre arrivée au Stade Lavallois en 2009, vous déclariez que tout était à faire, à structurer après le passage en National et la perte de l’agrément Centre de Formation. Après 3 saisons, comment cela avance-t-il ?

Plutôt bien. Le club est convaincu de l’intérêt du projet concernant la formation, et j’ai un président qui me laisse mettre en place ce projet. Évidemment avec des moyens financiers limités – le budget de la formation à Laval est de 1,1 million d’euro annuels, soit entre 4 et 6 fois inférieur aux structures voisines : Rennes, Le Mans, Nantes – mais heureusement l’argent ne fait pas tout…. Concrètement, j’ai réorganisé dans un premier temps la cellule de recrutement en embauchant une personne à temps plein, puis conforté l’ensemble des éducateurs pour 2 ans en instaurant un objectif de formation basée sur la qualité collective (jeu, mentalité, intelligence). Ensuite, nous bénéficions depuis le mois de janvier d’une structure neuve, bâtiment et terrains, qui va nous permettre de franchir un palier. Je suis actuellement la création d’un hébergement neuf sur notre nouveau site d’entraînement, qui devrait bientôt sortir de terre et être opérationnel en janvier 2013. Maintenant je souhaite aller plus loin sur ces bases : développer les interactions entre les éducateurs de l’école de foot jusqu’à la CFA2, pour insister sur les principes de jeu à mettre en place et les méthodes à utiliser en fonction des catégories, améliorer l’utilisation de notre nouvelle structure (vidéo, musculation…).

Que ce soit en CFA2 ou en U19, Laval évolue dans des championnats très relevés, mais pas dans les mêmes poules que Nantes. Est-ce que vous continuez tout de même à suivre les résultats des équipes de jeunes Canaris ?

Oui mais de façon détachée, car la vérité de la formation ne se situe pas dans le résultat. Celui-ci ne doit être que la conséquence du travail d’apprentissage. Et pour avoir un vrai jugement sur les équipes, il faut les voir.

Depuis votre arrivée à Laval, le FC Nantes semble s’intéresser de plus en plus aux jeunes joueurs mayennais. On pense à l’épisode récent concernant Antoine Le Blay. Quel est votre ressenti sur ce dossier ?

Mais c’est incroyable et inacceptable ! Concernant Antoine, il s’agit d’un garçon que nous avions à l’intérieur du Centre de Formation avec un projet complet de 3 ans, soit de 15 à 18 ans. Cela comprend la scolarité, l’hébergement, l’entraînement et l’accompagnement psychologique. Seulement, vous savez que les structures agrémentés par le Ministère peuvent mettre en place des contrats de travail rémunérés. Ce n’était pas le cas avec Antoine, qui pour nous était un bon joueur avec une marge de progression intéressante, mais pas non plus un talent hors norme. Le FC Nantes s’est permis de prendre contact avec le joueur et sa famille sans jamais me prévenir, et lui a fait signer un contrat « Aspirant » derrière notre dos. Ils ont tout simplement acheté un joueur de 15 ans sans penser à son équilibre et à son avenir. Maintenant, j’espère qu’il va réussir, car sinon la désillusion va être terrible.

A contrario, nous avons eu vent d’un intérêt de votre part envers Pierre Bocquier pour cet été. Alors, rumeur ou réalité ?

J’ai beaucoup d’estime pour Pierre, qui est avant tout un garçon très attachant et intelligent, mais je peux vous assurer qu’à part un texto pour la bonne année, nous n’avons jamais évoqué la possibilité de sa venue.

À terme, récupérer des nantais de cette génération vous intéresse-t-il ?

Pourquoi pas, en fonction des choix du club vis-à-vis d’eux, mais mon principal regard pour le recrutement se situe sur les générations beaucoup plus jeunes (98, 99) pour la préformation sur la région et sur les 97 pour l’entrée en formation l’année prochaine.

Sofiane Hanni en D2 Turque, Thomas Dos Santos à Corte, Barré à Vannes, Pasquier à Vertou, Maxime Baty à Poitiers et Olivier Bonnes avec la réserve de Lille… N’y a-t-il pas une sensation de gâchis dans l’esprit du formateur que vous êtes ?

Vous savez, le taux de réussite vers le monde pro est très faible sur une génération, mais il est vrai que par rapport à l’autre finaliste (*) la différence est grande, et cela m’amène à penser qu’il est indispensable d’avoir une cohérence complète à l’intérieur du club. Du président au recruteur, en passant par l’entraîneur pro et les formateurs. Seulement ce n’était pas vraiment le cas à l’époque au club. Je pense sincèrement que la venue de Landry Chauvin est une grande chance pour le club dans ce domaine.

À Nantes, on s’est habitué à voir des générations de joueurs se muer en entraîneurs et en formateurs après leur retraite sportive. Alors, se sent-on porteur d’une sorte « d’héritage » à transmettre quand on sort de l’école FC Nantes ?

Non cela va plus loin qu’un simple héritage : il s’agit d’une façon de penser, de sentir le jeu quand vous êtes formé pendant des années sur tous ces principes de mouvement, d’anticipation, de compréhension, de créativité… Vous vivez votre carrière bien plus profondément et la reconversion vers la transmission de ce savoir vient logiquement. Voilà pourquoi je ne remercierai jamais assez mes formateurs, Raynald Denoueix et Jean-Claude Suaudeau, car ils sont non seulement à l’origine du plaisir que j’ai pris durant ma carrière, mais ils m’ont en plus transmis la passion du jeu dans sa globalité.

Pensez-vous que si vous aviez remporté la Gambardella face à Montpellier en 2009, votre avenir à Nantes et celui des autres formateurs aurait pu être différent ?

Non, le problème était beaucoup complexe que ça. En fait, une fois passées l’incompréhension et la déception, cela a été une chance. Car le Stade Lavallois me permet de vivre une expérience complète dans le rôle de directeur de Formation, et en plus dans une ambiance conviviale que l’on devrait avoir dans tous les clubs sportifs.

Un retour au FC Nantes pourrait-il vous intéresser un jour ?

Tout d’abord, j’ai encore beaucoup de travail au sein du Stade Lavallois et je m’y sens très bien. Mais je ne peux pas le renier, le FC Nantes restera pour toujours mon club de cœur car il m’a tous appris. Maintenant, je ne pense pas qu’il me corresponde dans toutes ses composantes, mais on ne sait jamais vous savez : les gens passent mais le club reste…

 

(*) Le Montpellier HSC avait remporté l’édition 2009 de la Coupe Gambardella face au FC Nantes (2-0). Côté montpelliérain, quatre joueurs qui ont joué cette finale sont aujourd’hui des éléments primordiaux du collectif héraultais : Abdelhamid El Kaoutari, Benjamin Stambouli, Younès Belhanda et Rémi Cabella.

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3 Commentaires

  1. Vinssa 9 mars 2012 at 17:12

    Excellent cette ITW, felicitations de l’avoir obtenu ! Que de regrets de ne plus voir Mr Moreau au FCN…
    Allez Nantes dimanche, je serait au stade !
    Bonne continuation à Jauneliere !

    PS : Benjamin Stambouli :p

  2. Sébastien H. 10 mars 2012 at 12:43

    C’est un honneur pour nous d’avoir pu l’interviewer, c’est clair. Il a été très disponible et à l’écoute de nos questions malgré un emploi du temps très chargé. On espère tous que vous prenez autant de plaisir à la lire que nous à la faire. ;-)

  3. Attaque Rapide 10 mars 2012 at 13:37

    Il était présent à Saupin lors de Nantes – Lorient en u19 il y a deux semaines, et a pris un paquet de notes !

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