26 / 07 / 2014,
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Quentin Bonnet : « La génération 90 était prometteuse ».

Quentin Bonnet : « La génération 90 était prometteuse ».

Il est l’une des révélations de la saison en National. Formé à Nantes, Quentin Bonnet fait actuellement les beaux jours du Vannes OC, 4e de son championnat et encore en lice pour une montée en Ligue 2 à l’aube de la 37e journée. Le latéral gauche de 21 ans, formé au FC Nantes, revient pour nous sur cette belle saison dans le Morbihan, ainsi que sur ses années passées dans la Cité des Ducs.

 

Bonjour Quentin. Comment se passe cette saison à Vannes ?
Si on m’avait dit que je jouerai autant de matchs (ndlr : 22 avant la 37e journée), je n’y aurai jamais cru car, au début de la saison, je reprenais avec le groupe National et j’étais dans l’optique d’apprendre avec les pros. Au fil du temps, j’ai commencé à faire quelques entrées, puis quelques matchs. Je suis super content. Mais il ne faut pas s’arrêter là-dessus. Je ne vais pas m’arrêter sur ma personne même si je suis très ambitieux. C’est le collectif qui est important. C’est ensemble que l’on va avancer.

Au départ, c’était un autre ancien Nantais, Francis Liaigre qui était parti pour dépanner à ce poste de latéral. Mais une blessure l’a éloigné des terrains en juillet. Comment vit-il votre réussite ?
On est super potes. On était à Nantes ensemble. Il se blesse dès le troisième jour de la reprise. Ça s’est mal goupillé pour lui. Pendant son absence, j’ai donné mon maximum à ce poste-là. Quand il est revenu, une hiérarchie était faite. Il l’a un peu mal vécu au début. Mais on en a parlé car ce n’était pas facile pour lui. On a fait trois, quatre ans ensemble à Nantes avant qu’il parte à Châteauroux. On est potes et ça, ça ne changera pas.

Quel souvenir gardez-vous de vos années nantaises ?
J’ai de supers souvenirs à partir de mes 14 ans au centre de pré-formation. On est à l’internat, on n’est plus chez ses parents. On était tous potes avec Francis Liaigre, Antoine Le Tapissier, Florian Martineau, Maxime Baty, Charly Barvaux, etc… La formation, j’y ai vécu des supers moments comme le tournoi de Montaigu, la finale de Gambardella, la saison où on a failli monter en CFA et que l’on finit 2e ou 3e avec Laurent Guyot (ndlr : le FC Nantes avait terminé 3e avec 81 points, un point derrière Avranches et à neuf longueurs de l’USJA Carquefou).

Justement, que retenez-vous de cet entraîneur et de ces années au centre ?
C’était vraiment le coach de formation. Maintenant, il est passé au-dessus. Mais personnellement, j’ai vraiment progressé avec lui. En plus, le staff était vraiment à l’écoute des joueurs. Le préparateur physique, quand on lui demandait un programme, il n’y avait pas de problème. Il analysait nos progressions, ce qu’on devait travailler en particulier, ils étaient très professionnels dans leur travail. C’étaient vraiment de bons rapports. Aujourd’hui, je ne sais pas s’il reste encore de la formation « à la nantaise ». Mais quand on était là-bas, les formateurs étaient vraiment ancrés dans la philosophie du jeu, avec une technique bien particulière. Ils avaient joué à Nantes. Ils étaient de la maison, ont été pros à Nantes. Ce n’était pas des coachs au hasard. Après, Kita est arrivé et il y a eu des petits accrochages avec les formateurs…

Aujourd’hui, je ne sais pas s’il reste encore de la formation « à la nantaise »

Comment avez-vous vécu le départ de ces éducateurs ?
Personnellement, un coach comme Laurent Guyot m’a apporté énormément. Il nous a fait confiance. On a progressé. On l’avait eu en 18 ans et puis on l’a eu lors de ma première année en CFA2. On découvrait le monde adulte. Ça s’était super bien passé. Et puis, il a décidé de partir à la fin de la saison. C’est dommage car avec Franck Chaumin, Stéphane Moreau, Pierre Bazin, ils avaient créé quelque chose à Nantes. Cette année en CFA2 devait découler sur une année encore meilleure. Mais ils ont cassé tout cela. Du coup, tout le monde est parti et il y a eu un nouveau coach. C’est dommage car il y avait vraiment quelque chose de grand à faire. En plus, tout le monde nous disait que cette génération 90 était prometteuse. Je ne dis pas que tout le monde aurait signé pro. Mais je pense qu’il manquait un an ou deux pour que ce soit très intéressant.

Que retenez-vous de cette dernière année à Nantes, avec l’arrivée d’un nouveau coach ?
Ce n’est pas la meilleure année, c’est sûr. Ce n’est pas celle que je garderai dans ma mémoire. Même si j’ai pas mal joué, je n’ai pas pris beaucoup de plaisir. C’était Bonnevay le coach. Je n’en dirais pas plus mais il n’était pas dans le moule nantais. Je ne pense pas que j’ai progressé cette année là.

Quel est votre meilleur souvenir à Nantes ? La Gambardella ?
Oui ! Le Stade de France, ça reste un super souvenir. Après, je n’ai joué que la finale. On avait un double objectif et j’ai plus souvent joué avec la CFA2 pour essayer de la faire monter. Cette année-là, il y avait des pros qui redescendaient. J’ai pu jouer avec Guillon, Vainqueur, Keserü. Tu apprends beaucoup à leurs côtés. L’année précédente, en 18 ans, on avait été jusqu’en huitièmes de Gambardella contre Le Havre où jouait Ben Mohamed (ndlr : son coéquipier à Vannes). On avait battu Guingamp de Geoffrey Christophe (ndlr : un autre de ses coéquipiers), Le Mans de Corchia. C’était une belle année. Il y a pas mal de souvenirs mémorables en tout.

N’avez-vous pas de regrets de ne pas avoir percé au FC Nantes ?
Si, un petit peu. C’est mon club de toujours. J’ai toujours suivi Nantes. Quand tu y rentres, l’objectif c’est de signer pro. Après, sur ma dernière saison là-bas, je ne vois pas comment j’aurais pu signer au vu de nombreux facteurs. Le regret, c’est plus sur l’année d’avant et sur le fait que le staff ne soit pas resté. Après, il y avait déjà 40 joueurs pros. C’était difficile d’en faire signer plus !

Samuel Fenillat a été votre coach en 15 ans. Le voir directeur du centre, qu’est ce que ça vous inspire ?
C’est vrai que ça fait longtemps qu’il est là. Il était amené à faire ça. Mais c’est bien que ça soit quelqu’un du club car quand Laurent Guyot est parti, c’était Jacky Bonnevay le directeur. Et je pense qu’il vaut mieux que ça soit une personne du club plutôt que quelqu’un d’extérieur.

Êtes-vous resté en contact avec des Nantais de cette génération ?
Oui. J’étais vraiment pote avec Maxime Baty et Florian Martineau. Il y a aussi Kévin Barré, qui est avec moi à Vannes aujourd’hui. De temps en temps, Sofiane Hanni. Il y en a d’autres…

Rejouer par exemple avec Maxime Baty, ça vous intéresserait ?
Oh oui ! Quand on est parti de Nantes, on aurait bien aimé trouver un club ensemble. Mais on savait que ce n’était pas possible. On se connaît depuis 13 ans et on a créé des affinités. C’est sûr que j’aimerai bien rejouer avec lui. Après, les choix de carrière sont différents pour chacun.

Quel est votre avis sur la saison du FCN ?
Ils ont été trop inconstants pour pouvoir prétendre à la montée. Ils avaient des chances pourtant, et j’aurais aimé revoir Nantes en Ligue 1. Après, personnellement, je ne pense pas que c’était la bonne année pour monter parce qu’il y a des jeunes qui ont été lancés. Ça se passe bien mais je pense qu’il faut une autre année derrière. De toute façon, il faut que le coach reste en place. Ce serait bien que les 3/4 de l’effectif restent et que des jeunes soient intégrés. Il ne faudra pas casser à nouveau en achetant beaucoup de joueurs.

Quel est votre avis sur Trébel et Veretout, quasiment les deux seuls joueurs formés au club qui jouent actuellement de façon régulière en pro à Nantes ?
Je connais un petit peu Trébel. Il a un an de moins que moi et on s’est côtoyé. Mais Veretout… Quand on était avec la CFA2, il devait être en 15-16 ans ! Franchement, je suis content pour lui. C’est un super joueur. Trébel, techniquement, il a toujours été super bon et il progresse beaucoup depuis deux ans. Ils méritent d’être là. À eux de continuer et de ne pas s’enflammer. Ils risquent d’avoir des offres mais ce serait bien qu’ils ne partent pas trop tôt.

Concernant votre avenir, vous vous voyez encore à Vannes la saison prochaine ?
J’aimerais bien. Je suis bien ici depuis deux ans. Ça va dépendre de comment va se passer cette fin de saison. La montée, ce serait top.

Jouer Nantes à la Beaujoire avec le maillot de Vannes et gagner le match, ce serait énorme !

Comment vivez-vous le fait de jouer à côté d’un joueur comme Mathieu Berson ?
Il est impressionnant. Mais aussi vraiment humble. Ce n’est pas un joueur qui va parler de lui, de sa carrière. Il a beaucoup d’expérience et ça se ressent sur le terrain. C’est intéressant de jouer à côté d’un gars comme ça. Je me rappelle, il avait fait un match avec la CFA2 quand il revenait tout juste de blessure. Il était déjà impressionnant. On était avec Antoine Le Tapissier au milieu. On était sereins, c’est vraiment agréable. Il a fait la Ligue des Champions. Tu apprends beaucoup avec des mecs comme ça. Parfois, on est sous pression et en une passe, il va te faire sauter une ligne, ça fait beaucoup de bien. Ce n’est pas nous qui allons lui apprendre le foot !

Entendre dire qu’on est l’une des révélations de la saison en National, qu’est ce que ça fait ?
Ça fait super plaisir ! Après, il ne faut pas se reposer là-dessus. Dans le foot, ça va tellement vite qu’il faut continuer, ne rien lâcher et rester humble. J’espère qu’on pourra dire à la fin de la saison : « On monte et il y a eu des révélations ».

Pensez-vous à un contrat pro suite à cette saison ?
Bien sûr. Je suis ambitieux. Je ne joue pas non plus pour ne rien avoir à la fin ! J’aimerai bien avoir un contrat. On verra bien, mais l’objectif est déjà collectif avec la montée en Ligue 2. On verra comment ça se passe à la fin.

Si ça se passe bien, vous pourriez jouer à la Beaujoire l’an prochain !
C’est un rêve que j’ai ! Jouer Nantes à la Beaujoire avec le maillot de Vannes et gagner le match, ce serait énorme ! J’aurais un petit sentiment de revanche, l’envie de prouver que je méritais peut-être quelque chose là-bas. Après, Nantes, c’est du passé. Aujourd’hui, je suis à Vannes et je suis très bien ici.

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