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À contretemps : Raynald Denoueix

Anthony H. 14 janvier 2012 Billets d'humeur 6 commentaires
À contretemps : Raynald Denoueix

Dix ans. Hé oui. Il y a dix ans, Raynald Denoueix et ses canaris remportaient un huitième titre de champion de France pour le Football Club de Nantes. Le bon vieux temps.

Cette année fut celle de la consécration pour l’ancien défenseur. Elle venait récompenser, dans un premier temps, un travail de fond dans les cuisines de la Jonelière à une époque qui laissait le temps au temps. Le temps aux espoirs formés au centre d’arriver à maturation, le temps au formateur Raynald, qui avait appris aux jeunes, comme lui avant eux, à répéter les gammes d’un jeu léché et fragile, dont la recette devait se réciter jusqu’à pouvoir se l’approprier. Denoueix, le formateur, se l’appropria.

Ce titre, dans un second temps, récompensait aussi Denoueix l’entraîneur, qui avait pris le flambeau après Suaudeau à la tête de l’équipe première, dans les pas du maître, pour devenir à son tour et en son temps, le grand chef de cette cuisine nantaise.
Pourtant cette année fut aussi celle de son limogeage, suite à un début de saison difficile pour le club qui avait vendu certains de ses joueurs après le titre, au détriment du fragile équilibre que l’entraîneur avait su mettre en place au fil du temps.

Par conséquent, quelques mois après sa consécration, Raynald Denoueix fut remercié et le temps des années sombres que le club connaît encore allait commencer à n’en plus finir. Vint se presser alors à Nantes, dernier bastion d’une formation artisanale, sur-mesure et au processus cyclique, le temps et la recherche immédiate du retour sur investissement. Le temps, jusqu’ici allié des formateurs et des épargnants de ce football d’école, allait devenir l’ennemi d’un capital en demande d’action et dorénavant seul maître à bord. Cette lutte contre le temps, déjà dénoncée par Suaudeau quelques années auparavant, excédé qu’il était de voir son club vendre plus vite qu’il ne formait, accéléra encore sa marche… Inexorablement.

Sur les bords de Loire, à l’insu de la formation, on se mit à vouloir créer l’équipe première prête à l’emploi, équilibrée entre le débit et le crédit, à renforts de nouveaux contrats, de ventes, de prêts et d’échanges. Le temps était alors venu de parler du FCN comme d’une entreprise, en lui trouvant des similitudes avec n’importe quel autre club qui devait faire avec son temps, puisqu’il était maintenant question de management, de gestion, d’investissement… et autres noms d’oiseaux qui venaient enrichir le jargon du ballon rond. Le FCN, peu préparé à cette valse à mille temps, allait se prendre les pieds dans le tapis en voulant refaire trop vite son retard sur ce nouveau modèle jusqu’à en oublier le sien, et allait perdre son temps durant une décennie au mieux…

Aujourd’hui, le football à la Nantaise se résume à une association qui cherche à sauvegarder le patrimoine du club, et le FCN végète en Ligue 2, collectionnant les entraîneurs à un rythme qui ferait même tourner la tête d’un actionnaire du PSG. Raynald Denoueix, quant à lui, est devenu consultant sur Canal plus après avoir effectué un passage remarqué aux commandes de la Real Sociedad (2002-04), qu’il aura emmenée jusqu’à la deuxième marche du championnat espagnol à deux petits points du Real Madrid des « Galactiques ».

Il y a dix ans donc, le dernier héritier d’une philosophie de jeu, un formateur, un entraîneur respirant un football estampillé « jeu à la nantaise », arpentait encore les abords de la Beaujoire en prenant le temps de la réflexion et en murmurant sa célèbre maxime, qu’il déclamera quelques temps plus tard et qui résonne encore aujourd’hui dans le cœur des Nantais et des amoureux du foot : « Le succès n’est pas l’objectif mais la conséquence ».

Ainsi, ces derniers temps, à Nantes, comme dans la chanson, les souvenirs se ramassent à la pelle et les regrets aussi. Encore merci, donc, Monsieur Denoueix, de votre temps.

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6 Commentaires

  1. Akekoukou 16 janvier 2012 at 19:24

    Très bel hommage et merci pour nouveau site.

  2. Sébastien H. 17 janvier 2012 at 10:55

    Merci ! Content que l'article plaise :-)

  3. loicnp4 17 janvier 2012 at 16:45

    Très bel article. Dommage qu'il soit écrit au passé…

  4. Humungus 19 mai 2012 at 19:10

    Bel hommage à Raynald, j’en verserai presque une larme.
    Au moins je peux dire que j’ai connu le FC NANTES avec des entraineurs extraordinaires, ARRIBAS, VINCENT, SUAUDEAU, DENOUEIX
    1960 à 2001 = 5 entraineurs
    2009 à 2011 = 5 entraineurs

    Oui, DENOUEIX est bien le dernier à m’avoir fait rêver sur le FC NANTES

  5. Gallet 6 juillet 2012 at 22:01

    super hommage a Raynald ,plein chose pour lui, je regrette mais je pense qu’il ne peu en ce moment nous parler de foot, mais il reste pour moi un super entraîneur et il me manque pour ces commentaires sur canal par rapport a la ligua. Courage et de tout coeur avec lui.

  6. Aurélia 24 septembre 2012 at 16:51

    Ho mais quel article merci encore (comme il est cité plus haut « j’en verserais presque une larme ») …allez FCN reviens nous comme avant !!!

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