21 / 10 / 2014,
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La CAN et les Canaris – 2e partie

Sébastien H. 23 janvier 2012 Histoire du FC Nantes Pas de commentaire
La CAN et les Canaris – 2e partie

Et voilà la deuxième partie ! Ils ont joué au FC Nantes, et ils ont été (ou sont encore) internationaux pour leur pays natal. À l’heure du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2012, retour sur les Canaris qui ont, dans l’Histoire, participé à la compétition reine du « Continent Noir ».

EMERSE FAÉ (Côte d’Ivoire, à Nantes de 1999 à 2007)

Né à Nantes en 1984, Emerse Faé a passé ses débuts de jeune footballeur au FC Toutes Aides, avant d’être repéré par les formateurs nantais qui l’intègrent à 15 ans au centre du FC Nantes. Dès le début, les responsables des équipes de jeunes comprennent le potentiel et les atouts de ce petit franco-ivoirien, et leur travail auprès de lui se ressentira rapidement auprès des instances fédérales, qui commencent à l’intégrer à toutes les sélections nationales de jeunes dès ses 16 ans. Il remportera le titre de Champion du Monde des moins de 17 ans en 2001.

Excellent récupérateur, puissant et efficace, il est tout aussi capable de servir de rampe de lancement aux offensives nantaises grâce à sa capacité à créer les décalages. Avec les U19, il remportera la Coupe Gambardella en 2002 avant d’être lancé dans le bain professionnel dès 2003. Il s’imposera très rapidement comme un joueur important de l’effectif de Loïc Amisse et jouera 25 matches pour sa première saison dans l’élite. Celle-ci sera ponctuée par un classement final honorable en Ligue 1 (6e avec 60 points) et une finale de Coupe de la Ligue perdue aux tirs aux buts face au FC Sochaux.

Quelques temps plus tard, grâce à un nouveau réglement FIFA sur la binationalité, il choisit de représenter la Côte d’Ivoire, pays qu’il connaît peu personnellement mais dont sa famille est originaire… à la grande surprise des observateurs qui voyaient en lui un potentiel futur sélectionnable en Bleu. Mais cette décision lui permet d’asseoir un statut de titulaire avec les Éléphants emmenés par Henri Michel pour la Coupe d’Afrique des Nations 2006, avec lesquels il échouera en finale face à l’Égypte (0-0, 2-4 tab). Puis viendra la Coupe du Monde allemande à l’été 2006, où la Côte d’Ivoire sera éliminée avec les honneurs dès le premier tour dans le “groupe de la mort” (Argentine, Pays-Bas, Serbie-Montenegro).

Emerse quitte Nantes en 2007 pour le club de Reading, nouveau choix de carrière surprenant malgré la relégation nantaise en Ligue 2, et qui s’avérera être un échec pour le Canari, qui retrouve la Ligue 1 dès 2008 sous les couleurs de l’OGC Nice.

Aujourd’hui, à seulement 27 ans et alors que son contrat à Nice touche à sa fin, sa carrière est de plus en plus remise en question suite à des problèmes de phlébite répétés, qui l’ont d’ores et déjà obligé à renoncer à la CAN 2012.

GILLES YAPI-YAPO (Côte d’Ivoire, à Nantes de 2004 à 2006)

Formé à l’ASEC Mimosas et passé par le KSK Beveren en guise tremplin européen. C’est presque une constante chez les internationaux ivoiriens (Yaya Touré, Gervinho, Emmanuel Éboué pour n’en citer que trois) et Gilles Yapi-Yapo n’y a pas échappé.

Débarqué dans le plat pays relativement tard (à 19 ans), mais déjà auréolé de deux Ligues des Champions africaine, l’académicien s’impose très vite comme un élément incontournable de l’effectif des Boeren (« les agriculteurs », ça ne s’invente pas comme surnom) et enchaîne quasiment 70 matches en deux saisons et demie à son poste de milieu offensif, pour 15 buts marqués. Jusqu’à porter le brassard de capitaine des flamands dès sa deuxième saison, à seulement 21 ans.

Repéré par Loïc Amisse et Robert Budzynski (qui déclarera avoir vu en lui « un mélange de N’Doram et de Carrière »), il débarque à Nantes en janvier 2004 pour épauler Stéphane Ziani à l’animation offensive, après un début de saison timoré des Canaris (9e à la trêve). Yapi-Yapo choisit Nantes malgré les avances d’Arsenal et du Shakhtar Donetsk, et malgré le fait qu’il soit clairement un second choix, les dirigeants nantais souhaitant initialement recruter Milos Krasic pour pourvoir à ce poste.

Yapi convainc, il impressionne même par sa sérénité et le rythme qu’il est capable d’impulser au jeu, au point que Loïc Amisse lui confie les clés du milieu de terrain rapidement. Nantes termine au final le championnat à la 6eplace, échouant en finale de Coupe de la Ligue et en demie-finale de Coupe de France. Yapi-Yapo aura pris part à 15 rencontres.

Malheureusement, le contexte nantais se délitant petit à petit et le joueur étant très peu utilisé par le nouvel entraîneur Serge Le Dizet, Gilles Yapi émet rapidement (dès mai 2005) le souhait de changer d’air, ne trouvant plus son compte dans les ambitions qui lui ont fait choisir Nantes un an et demi auparavant. En 2006, peu après avoir atteint la finale de la Coupe d’Afrique des Nations avec la Côte d’Ivoire avec son coéquipier Emerse Faé, le président Rudi Roussillon prend le parti de le prêter aux Young Boys de Berne jusqu’à la fin de la saison, à l’issue de laquelle il s’engage libre de tout contrat avec le club suisse.

Aujourd’hui joueur du FC Bâle, à 29 ans, Gilles Yapi-Yapo est considéré comme un des meilleurs joueurs de la Super League suisse. Récemment victime d’une rupture des ligaments croisés du genou droit, l’ivoirien s’est vu contraint de décliner l’invitation de sa sélection pour la CAN 2012, dont elle est cette année une des grandes favorites.

SAMSON SIASIA (Nigeria, à Nantes de 1993 à 1995)

Arrivé en Europe à 20 ans, au RC Lokeren (Belgique), Samson Siasia rejoint Nantes en 1993 après six saisons dans sa « deuxième patrie », un an avant la relégation du club belge en 2e division.

Le FC Nantes est encore en pleine période de reconstruction après ses problèmes financiers de l’été 1992, et cherche les « bons coups » pour étoffer un effectif encore jeune mais extrêmement prometteur. En 1993, pour le retour de Jean-Claude Suaudeau sur le banc des Canaris, Nantes échoue en finale de Coupe de France face au PSG mais termine le championnat à la 5e place, qualificative pour la Coupe de l’UEFA.

Mais Siasia ne parvient pas à s’imposer dans le onze nantais, ne jouant que 40 rencontres en deux ans pour 4 buts marqués. Néanmoins, le nigérian connaîtra son lot de réussites sous les couleurs de Nantes : quart de finaliste en Coupe de l’UEFA (éliminé 1-5 / 0-0 par le Bayer Leverkusen d’Ulf Kirsten) et Champion de France en 1995, buteur contre l’Argentine lors de la Coupe du Monde 1994 et huitième de finaliste de la compétition avec le Nigeria, et enfin vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations 1994 en Tunisie.

Peu satisfait de son temps de jeu dans une des plus belles équipes qu’ait connu le FC Nantes dans toute son histoire, Samson Siasia part vers le Portugal et le FC Tirsense. S’ensuivront jusqu’à la fin de sa carrière des destinations toutes plus exotiques les unes que les autres (Austria Vienne, Al Hilal Riyad, Perth Glory et Hapoël Tzafririm Holon), avant de raccrocher les crampons en 2000 pour embrasser une carrière d’entraîneur au sein de la sélection nationale nigériane : sélectionneur des moins de 20 ans, des moins de 23 ans, adjoint d’Augustine Eguavoen de 2005 à 2007 et enfin sélectionneur du Nigéria « A » en 2010-11. Il sera limogé fin octobre 2011 suite à la non-qualification des Super Eagles pour la CAN 2012.

PATRICK SUFFO (Cameroun, à Nantes de 1997 à 2000)

Patrick Suffo débarque à Nantes à 17 ans, en provenance du Tonnerre Yaoundé. Très proche de Salomon Olembe (ils ont fréquenté le même centre de formation dans la capitale camerounaise, Les Brasseries, au même titre que Samuel Eto’o et Pierre Wome) et arrivé au club quelques années avant lui, il débutera pourtant en professionnels… bien après.

Une première saison en équipe réserve à Nantes en 1995-96 et le camerounais est prêté pour une saison à la réserve du FC Barcelone, pour s’aguerrir en vue d’une prochaine intégration à l’effectif professionnel nantais. Il sera lancé en 1edivision en janvier 1998 face à Montpellier, sous les ordres de Raynald Denoueix, et jouera en tout et pour tout 30 matchs en 3 saisons professionnelles chez les Canaris. Il sera néanmoins sélectionné avec les Lions Indomptables pour la CAN 1998, avec qui il sera accédera aux quarts de finale, et remportera malgré tout la Coupe de France en 1999, pour sa saison la plus aboutie en jaune et vert (21 matchs, 4 buts).

Lassé de son temps de jeu famélique avec Nantes, très (trop) sûr de ses capacités réelles, il entame dès lors un véritable tour du monde qui le verra passer, en 12 années, dans pas moins de 10 clubs aux quatre coins du monde, dans sept pays différents ! La constante pour lui est, dès lors, de favoriser sa sélection nationale à ses différents clubs (une des raisons pour lesquelles son coach à Sheffield United lui avait demandé d’aller se faire pendre ailleurs). Mais on ne saurait le blâmer : vainqueur des Jeux Olympiques d’Été 2000 à Sidney et vainqueur de la CAN 2002 avec sa sélection nationale, malgré une carrière qui finit en eau de boudin et un melon assez prononcé (sûrement d’avoir trop traîné avec Eto’o étant jeune).

Aujourd’hui, à 33 ans seulement, Patrick Suffo semble avoir disparu de la circulation, rentré au pays après la fin de son contrat au Wrexham AFC, en 5e division britannique. Non prolongé.

Ils ont joué à Nantes, ils ont aussi joué la CAN, mais pas les deux en même temps !

• Mamadou BAGAYOKO (Mali, FC Nantes 2004-09) : 4e en 2002, 1er tour en 2010.
• Olivier BONNES (Niger, FC Nantes 2006-10) : 1er tour en 2012.
• Mamadou DIALLO (Mali, FC Nantes 2004-07) : 1er tour en 2008, 1er tour en 2010.
• Boris DIECKET (Côte d’Ivoire, FC Nantes 1988-89) : 3e en 1986.
• Nourredine NAYBET (Maroc, FC Nantes 1993-94) : 1er tour en 1992, 2000, 2002 et 2006, Quart de finaliste en 1998, Finaliste en 2004.
• Dennis OLIECH (Kenya, FC Nantes 2005-07) : 1er tour en 2004.
• Alioum SAÏDOU (Cameroun, FC Nantes 2006-07) : Quart de finaliste en 2006.
• Adel SELLIMI (Tunisie, FC Nantes 1996-98) : 1er tour en 1994, Finaliste en 1996, 4e en 2000.
• Jaouad ZAIRI (Maroc, FC Nantes 2007-07) : Finaliste en 2004, 1er tour en 2006

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