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La CAN et les Canaris – 1e partie

Sébastien H. 21 janvier 2012 Histoire du FC Nantes Pas de commentaire
La CAN et les Canaris – 1e partie

Ils ont joué au FC Nantes, et ils ont été (ou sont encore pour certains) internationaux pour leur pays natal. À l’heure du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2012, retour sur les Canaris qui ont, dans l’Histoire, participé à la compétition reine du « Continent Noir ».

SALOMON OLEMBE (Cameroun, à Nantes de 1997 à 2002)

Il est celui, dans cette liste, qui a passé le plus de temps dans la Cité des Ducs. Repéré au Diamant Yaoundé, il arrive à Nantes à 17 ans et s’impose immédiatement aux yeux de Raynald Denoueix, de par sa maîtrise défensive et sa propension à porter le jeu vers l’avant. Il jouera, en tout, 133 rencontres toutes compétitions confondues avec le FC Nantes, entre septembre 1997 et janvier 2002. Il est également celui de cette liste qui s’est fait le plus gros palmarès au niveau international pendant sa période nantaise !

Ce petit (1m71) latéral gauche camerounais, aux tacles rageurs et aux dribbles pour le moins chaloupés, aura connu ses plus belles heures du côté de la Beaujoire, avant de s’envoler vers la Canebière car il n’avait « pas toutes les garanties de jouer comme il voulait » suite aux médiocres résultats de l’équipe au début de la saison 2001-02, et au remplacement de Raynald Denoueix par Angel Marcos sur le banc nantais.

Deux Coupes de France (1999, 2000) et un titre de Champion (2001) seront venus ponctuer son passage à Nantes, mais également 30 sélections internationales avec le Cameroun.

Après avoir échoué à la porte du dernier carré de la Coupe d’Afrique des Nations en 1998 au Burkina Faso (défaite 0-1 face à la Rép. Démocratique du Congo), il la remporte ensuite deux fois consécutivement, en 2000 face au Nigéria de Jay-Jay Okocha (pays co-organisateur avec le Ghana, 2-2 ap. puis 4-3 aux tirs aux buts), puis en 2002 au Mali alors qu’il venait tout juste de signer à Marseille (finale remportée face au Sénégal, 0-0 puis 3-2 aux tirs aux buts). Pour l’anecdote, il sera sacré « Meilleur buteur » de la compétition avec 3 buts, à égalité avec son compatriote Patrick M’Boma et Julius Aghahowa (Nigéria).

Considéré à son arrivée sur le Vieux Port comme « l’avenir de l’OM » par Robert Louis Dreyfus, et très populaire auprès des supporters malgré des performance en demie-teinte, il s’éteindra peu à peu, sera prêté à de nombreuses reprises jusqu’à disparaître complètement de la surface de jeu.

En tout, Salomon aura disputé dans sa carrière 67 rencontres internationales avec le Cameroun, pour 5 buts marqués.

ÉRIC DJEMBA-DJEMBA (Cameroun, à Nantes de 1998 à 2003)

Jeune milieu de terrain au style « agressif », arrivé à 17 ans au centre de formation du FC Nantes, Eric Djemba-Djemba se fait la main pendant deux ans en réserve avant d’être lancé en championnat face à l’Olympique Lyonnais, puis dès la semaine suivante en Ligue des Champions face à la Lazio de Rome.

22 matches dans la saison dont 8 en C1, et le natif de Douala se retrouve, grâce à ses performances solides, propulsé en sélection nationale camerounaise avec laquelle il remportera (certes sur le banc) la Coupe d’Afrique des Nations 2002.

De plus en plus observé et convoité, alors qu’il n’a encore que 23 ans et manque encore d’expérience et de maturité au plus haut niveau, Djemba-Djemba ne résiste pas longtemps aux sirènes des grands clubs et signe un contrat en or avec Manchester United dès 2003. Le défi est de taille, et s’avérera rapidement insurmontable pour ce joueur au talent réel mais encore très immature. Divers soucis personnels lui feront perdre la confiance de Sir Alex Ferguson, et il passera l’essentiel de son contrat dans l’équipe réserve des Red Devils avant d’être bradé à Aston Villa en 2005.

Deux nouvelles participations aux Coupes d’Afrique des Nations 2002 et 2004 (éliminé en quarts de finale sur ces deux éditions), et s’ensuivront des expériences en club à Burnley tout d’abord, puis au Qatar dont il préférera l’offre financière alléchante au défi sportif proposé par ailleurs par le LOSC en 2007, et il débarque enfin à Odense où il joue encore aujourd’hui, à seulement 30 ans.

Une trajectoire fulgurante pour une longue descente aux enfers, ou la conséquence du choix de l’argent à celui de la raison pour un joueur au talent brut que peu ont su exploiter et canaliser.

THIERNO YOUM (Sénégal, à Nantes de 1987 à 1992)

Miroslav Blazevic disait de lui qu’il était le « joueur le plus doué (qu’il) connaisse », Marcel Desailly qu’il était « la gentillesse personnifiée ». Pas mal pour un joueur qui se destinait, à la base, à devenir banquier ! Mais la carrière du sénégalais sera surtout émaillée de nombreuses blessures, qui ne lui permettront jamais de montrer l’entière étendue de son talent.

Débarqué de sa Rufisque natale en 1984 pour jouer au Stade Lavallois, Thierno Youm, dont la technique le prédispose à devenir un des meilleurs joueurs africains évoluant alors en France, connaît tout un lot de problèmes physiques pendant son séjour en Mayenne : pommette fracturée, pubalgie,…

Mais, sorte de consécration à son fragile mais néanmoins grand talent, la « mobylette » rejoint Nantes en 1987 pour occuper l’aile droite de l’attaque des Canaris, quelque peu vieillissante (Amisse, Anziani, Vercauteren). Aussitôt arrivé, il se retrouve contraint de se faire opérer du genou à deux reprises. La fragilité du sénégalais devient alors inquiétante, et contre toute attente, Thierno retrouve ses moyens de manière assez miraculeuse. Mais pour une toute autre raison (l’émergence de Patrice Loko), il passe une saison sur le banc avant de s’imposer à ses côtés dans un 4-4-2 où il lui est associé.

Insatiable dans l’effort, capable d’inspirations offensives géniales comme de gestes défensifs salvateurs, Thierno Youm garde une grande frustration : les résultats de son équipe nationale. Avant l’arrivée de Claude Leroy a leur tête, les Lions de la Teranga ne se sont qualifiés que pour trois phases finales depuis 1957, sans jamais dépasser le premier tour (ndlr : Thierno Youm a également participé à l’édition 1986, durant laquelle le Sénégal fût éliminé au 1er tour, mais il portait alors les couleurs du Stade Lavallois).

Résultat : en 1990, sans Thierno Youm blessé, le Sénégal termine 4e. Et en 1992 avec lui, pour la première Coupe d’Afrique des Nations accueillie par son pays, l’équipe nationale se hisse jusqu’en quarts de finale, battue 1-0 par le Cameroun.

De retour en France, Thierno retrouve un FC Nantes en proie à de graves difficultés financières. À l’été, le club se voit contraint de vendre une bonne partie de son effectif. Thierno signe alors à l’Espérance de Tunis, avec qui il sera champion en 1993, et il terminera sa carrière en 1995 à Avignon, à 34 ans, avant de rentrer au pays.

THOMAS DOSSEVI (Togo, à Nantes de 2007 à 2010)

Bon, en réalité il ne l’a pas jouée, cette CAN 2010. On se rappelle tous de l’histoire : les Éperviers,  effectuant en bus le trajet qui devait les emmener du Congo en Angola, sont attaqués par une milice séparatiste du côté de Cabinda. Résultat : trois morts et une dizaine de blessés. La sélection togolaise annoncera son retrait de la compétition dans les heures suivant le drame.

Le Togo n’est pas vraiment une équipe majeure sur le continent africain : qualifiée une seule fois pour une Coupe du Monde, six fois seulement pour une CAN et sans jamais passer le premier tour. Quand Dossevi arrive à Nantes, c’est auréolé d’un titre de champion de la compétition la saison précédente avec Valenciennes, et par une participation à la Coupe du Monde en Allemagne. Tandis qu’à Nantes, on panse encore les plaies de la descente tout en n’ayant qu’une idée en tête : remonter en Ligue 1 coûte que coûte. Avec Michel Der Zakarian à la tête de l’équipe, la recherche du beau jeu devient un mal bien peu nécessaire face à la nécessité du résultat.

Nantes remontera bien en Ligue 1, en partie grâce aux 9 réalisations du togolais, associé à Goussé, Keseru et Bagayoko sur le front de l’attaque. Mais dès lors, il sera mis de côté et n’aura à aucun moment la chance de prouver s’il avait ou non le niveau pour jouer à l’échelon supérieur. Les décisions sportives n’appartiennent plus à l’entraineur qui l’a fait venir à Nantes, et il se retrouve « indésirable » alors même que sa discrétion est exemplaire, à l’instar d’un Nicolas Goussé.

Deux saisons à jouer en réserve, à ne pas trouver de club où se relancer, et le point de non-retour est atteint à Cabinda. Dossevi part tenter un nouveau défi en Angleterre, qui s’avérera être un nouvel échec (Swindon Town), puis à Chypre où il joue encore aujourd’hui, à 31 ans.

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