16 / 09 / 2014,
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Flashback : Polonais du FC Nantes

Sébastien H. 18 novembre 2011 Histoire du FC Nantes Pas de commentaire
Flashback : Polonais du FC Nantes

Avec l’arrivée de Grzegorz Krychowyak, j’avoue que je m’étais mis en tête de dénombrer tous les joueurs polonais ayant évolué au FC Nantes, afin d’en retirer une sorte de « Top 10 ». Mission ô combien ardue s’il en est – mais pourquoi n’est-il pas argentin ? -, étant donné qu’au final, seuls quatre joueurs « biało-czerwoni » (blanc et rouge) ont eu l’occasion de porter la tunique jaune et verte au cours de leur carrière. Cela fait donc cinq désormais. Flashback de bienvenue…

STANISLAS STAHO (1948-56)

Défenseur central né en Allemagne en 1921, de parents ayant fui la guerre russo-polonaise, sa carrière de footballeur débutera après la Libération française, en 1946 à Douai. Il passera ensuite une saison au Stade de Reims, avec lequel il sera vice-champion de France en 1947, mais n’y jouera que très peu. La machine professionnelle commence à l’époque à se mettre en place dans le club champenois, qui dominera ensuite sans partage le football français à partir de 1949 et jusqu’en 1962.

Stanislas Staho (FC Nantes)

Staho rejoint alors le FC Nantes d’Anton Raab, nouvellement professionnel et en 2e Division. Sa mission d’alors : encadrer les amateurs de l’ancienne Saint Pierre. Mais le club stagnera jusqu’au milieu des années 1950 dans le ventre mou du classement, ne sauvant sa peau qu’à la grâce d’un repêchage de dernière minute (en 1950), puis en terminant à la dernière place non-relégable (en 1956). L’anecdote retient que Stanislas Staho sera convié, à deux journées de la fin de la saison 1955-56, à prendre le poste d’entraîneur laissé vacant après le renvoi d’Anton Raab. Sa carrière d’entraîneur se limitera à ces deux matches d’intérim, un record de non-longévité tenu plus de cinquante ans dans la maison jaune… jusqu’à la rencontre FC Nantes – Le Mans du 30 août 2008, et un certain Christian Larièpe.

Staho prendra sa retraite sportive à l’issue de cette saison, après 8 années passées au service du club.

ROBERT GADOCHA (1975-77)

Sûrement un des « actes manqués » dont on parle encore le plus au FC Nantes. Présent dans le onze-type de la Coupe du Monde 1974, durant laquelle il termina 3e avec l’équipe nationale de Pologne, et lorgné par les plus grands clubs européens – Atletico Madrid et Bayern Munich en tête -, l’attaquant du Legia Varsovie jettera finalement son dévolu sur le FC Nantes, par l’entremise de Robert Budzynski.

Recruté dans la difficulté en 1974, il ne débutera qu’en 1975, suite à un débat sur la validité de sa licence.

Robert Gadocha (FC Nantes)

En fin de saison, il laissera entrevoir l’étendue de son talent en inscrivant 3 buts en 7 rencontres, au milieu d’une équipe qui figurera bientôt dans lesannales du football français (coachée par Arribas, avec Pécout, Michel, Rampillon, Rio, Tusseau, Amisse, Bossis, Baronchelli et j’en passe). Mais la déception fut d’autant plus grande que l’espoir était immense : durant la saison 1976-77, Gadocha ne parvient pas à s’intégrer malgré un temps de jeu intéressant (29 matches pour 3 buts), et se retrouvera la saison suivante – celle du 4e titre nantais en championnat de France – à faire ses classes en compagnie des jeunes de Suaudeau, occupant le rôle de « roue de secours » en équipe première (7 matches débutés pour 2 buts).

Dégoûté par sa mésaventure nantaise, celui qui aura en parallèle claqué 16 pions en 65 sélections nationales partira traîner sa déception du côté de Chicago, et achèvera sa carrière dans l’indifférence d’un championnat de seconde zone.

KRZYSZTOF FRANKOWSKI (1983-87)

Lors de la saison 1982-83, le FC Nantes balaie tout sur son passage. Champion de France avec 10 points d’avance sur son dauphin (Bordeaux, dont Nantes s’offrira le scalp, 4-0 à Saupin), Halilhodzic qui émarge à 27 buts, et une équipe qui fait rêver toute l’Europe. Frankowski est recruté pour occuper le flanc droit de la défense nantaise en vue de la saison suivante, en concurrence avec Michel Bibard et dans le but de doubler les postes afin d’assurer un bon parcours en Coupe des Clubs Champions.

Krzysztof Frankowski (FC Nantes)

Au final, Nantes se fera sortir dès les 16e de finale face au Rapid de Vienne, et Frankowski devra se contenter de 7 petits matches sur toute la saison, Bibard s’étant imposé comme le premier choix de Suaudeau à ce poste. Mais «Franko» commencera à prendre de l’ampleur au sein de l’effectif canari à partir de 1985, et deviendra indiscutable à son poste suite au départ de Bibard pour le PSG. Nantes finira vice-champion de France et quart de finaliste en Coupe de l’UEFA à l’issue de cette saison. S’ensuivra une saison difficile en 1986-87, à la fin de laquelle Coco Suaudeau sera remercié par le président Max Bouyer, qui voit en lui le responsable des mauvais résultats de l’équipe. Le départ de Frankowski pour Le Havre coïncidera avec cet événement marquant le début d’une période sportive médiocre émaillée par de graves difficultés financières au sein du club.

Frankowski reviendra jouer en Loire Atlantique en tant qu’amateur, à Saint Nazaire, où il vit toujours aujourd’hui. Recruté en 2009 au FC Nantes en tant que recruteur, l’aventure tournera court dès la fin de la saison.

ROMAN KOSECKI (1995-96)

Faire oublier Patrice Loko. Voilà la mission confiée à Roman Kosecki, avant même qu’il n’ait posé le pied en terre nantaise. Un défi ô combien difficile, surtout que Nico Ouédec se blesse en début de saison. Globe-trotter devant l’éternel – depuis son départ de Pologne, il n’est jamais resté plus de deux saisons dans le même club – Kosecki est passé dans onze clubs en 18 ans de carrière.

Arrivé à Nantes auréolé de statistiques favorables suite à ses passages à Galatasaray et à l’Atletico Madrid, et plutôt habitué aux joutes européennes, il apparait de prime abord comme un candidat sérieux à la succession de Loko.

Roman Kosecki (FC Nantes)

Mais son passage au FC Nantes sera un gros échec pour le petit buteur polonais, dont le seul vrai « fait d’armes » se résumera à un but face à Aalborg en Ligue des Champions, et ce malgré 27 matches disputés dans la saison. Le FC Nantes finira néanmoins 7e en Championnat et demi-finaliste en Ligue des Champions, grâce notamment à l’éclosion de Jocelyn Gourvennec et à la transfiguration de N’Doram en un extraordinaire buteur.

Roman partira pour Montpellier dès la fin de saison, dans l’indifférence générale pour des supporters contraints, dans le même temps, de constater un nouvel exode des cadres nantais, caractérisé par les départs de Ouédec, Pedros et Cauet sous d’autres cieux.

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