20 / 08 / 2014,
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J’étais au jubilé de Reynald Pedros.

Corentin LM 7 juin 2012 Articles 2 commentaires
J’étais au jubilé de Reynald Pedros.

Quand, en septembre, ma copine a été mutée à Orléans, on peut l’avouer maintenant, on a flippé. Orléans… Troquer Anne de Bretagne pour Jeanne d’Arc, une adultère pour une pucelle ! Mais comment allions-nous occuper nos week-ends dans cette ville vierge, vierge de notre FC Nantes ? Après le marasme de l’automne et de l’hiver, le printemps est venu nous apporter une, puis deux consolations. Les demi-finales de la Gambardella, avec une défaite des petits nantais contre leurs homologues niçois, et, un mois plus tard, le jubilé de Pedros. Le 3 juin 2012. On se devait d’être là, qu’importe les emplois du temps ; un tel évènement, ici, ne laissait aucune place aux excuses.

Nous sommes arrivés juste, à 17h55, peu s’en fallait. Nous n’avons pas vu les entrainements, et nous nous sommes placés dans la « tribune d’en face », d’où l’on ne voit que les numéros lors des présentations, l’officielle étant déjà bien pleine. Ca faisait plaisir de voir autant de monde, et d’apercevoir ce soleil qui avait obtenu une victoire à l’italienne sur la pluie tant redoutée.

Deux speakers ont lancé les hostilités : l’officiel de l’US Orléans et Christophe Josse, le nouveau présentateur de BeinSport. Ce dernier a rendu un hommage appuyé au grand FCN, à ses formateurs, ses joueurs, ses entraîneurs et son jeu. Son jeu : « le football porté à son comble ». À l’heure où l’on parle du jeu à la barcelonaise, il nous a appelé à revenir dix-sept ans en arrière… Classe. Puis Laurent Ruquier est intervenu. Enfin, c’est ce qu’on a cru un instant. « Les invités qui n’ont pas pu venir ». Mais pas un seul jeu de mot et des raisons valables. Ouédec, Suaudeau, Denoueix, N’Doram : excusés. Ça devait encore être Josse…

18h30, coup de sifflet initial (c’est beau « coup de sifflet initial », non ? On n’utilise jamais cette expression). FC Nantes 94-95 contre une équipe All Stars. Le jubilé, c’est le match amical du match amical. Plus foot en folie que finale de Ligue des Champions. Pas un rythme intense donc. Pas l’important. Les premières minutes nous ont rassuré, si on excepte la pointe de vitesse de Vincent Guérin sur le premier ballon (il a un peu grossi…). Techniquement, le niveau était très bon, peu de déchet dans les passes (on ne compte pas Michel Moulin). Faut dire, les joueurs… Je n’en avais pas vu évoluer beaucoup, je n’ai pas connu cette équipe 94-95, j’étais trop jeune, mais les quelques doutes que je pouvais avoir furent levés. Plus de quinze ans après, toujours jeu simple, vision du jeu et déplacements (certes moins rapides). Ce qu’il y avait de profondément triste était l’impossibilité de trouver ça prometteur, c’était la fin de la fin plutôt qu’un quelconque début. Un match sans promesse et sans lendemain. Un témoin. Un vestige. Un jubilé donc.

Sur le terrain, ça rigole. Ça parle aussi, surtout Marraud qui donne ses instructions de sa grosse voix autoritaire. Et ça chambre un peu. Mais sans oublier de jouer au ballon. Il y a un respect du public venu nombreux. Le premier but ne se fait pas attendre et, à vrai dire, c’est tant mieux. Treize minutes pour que Makelele glisse dans le but un ballon joliment donné par Chanelet, en déviation. Makelele, sûrement l’homme du match. Quelles jambes ! Il dribble, percute, distribue… Il en plantera un second à la 73ème sur un ballon de Pedros. Makelele buteur ! Incroyable. Mais pas que. Passeur aussi, Monsieur. À la 20ème, pour Loko qui trompe la gardien après ses feintes de corps typiques, et à la 54ème minute, après une chevauchée plein axe, qui manque de peu de se faire ciseauter par un tacle de Kombouaré (pour son éjection hivernale ?), pour Ziani qui n’a plus qu’à la pousser. C’est bon, on rigole Antoine ! On retiendra plutôt ton ciseau offensif de début de match malheureusement repoussé, ton super état d’esprit et ton indéniable sens du placement.

Si Claude est le seul nantais à avoir planté son doublé, il n’est pas le seul joueur. D’autres rivalisent. Dont deux qui ont pour point commun d’avoir fini leur carrière sous les douches écossaises, j’ai nommé Marc Libbra et Christophe Cocard. Le premier balançant une prune à la 20ème minute, et des 20 mètres, qui restera assurément le but du match, avant de récidiver d’une tête à la 77ème. Le second marquera à la 44ème et à la 86ème, un mec du money-time quoi. Enfin, Nicolas Dieuze, un des seuls non-retraité, marqua deux buts et se démena tout le temps où il fut sur la pelouse… dans l’espoir d’un recruteur en tribune ?

Côté terrain toujours (à d’autres la liste des spectateurs people présents !), après un énième ballon perdu de Dugarry, qui en fait chaque fois trop, j’entends un jeune gueuler : « faut qu’il arrête de se prendre pour Zizou !». Y’a du vrai. Mais il s’amuse, s’en fout un peu de ce qu’on peut dire. Il finira, quelques minutes plus tard, par glisser une magnifique virgule dans la surface. Applaudissements. Rattrapé.

Le public est présent mais pas en feu. Pas beaucoup de jaune et de vert dans les tribunes. Des curieux pour la plupart. Il faut Noah pour lever les foules. Il fait le pitre toute la deuxième mi-temps. Il tombe, lève les bras en l’air pour exhorter la foule, fait des accélérations improbables et inutiles sur son côté droit, négocie bien quelques ballons, fait un tir cadré, arrêté par le gardien (Oooohhh), récupère un ballon (Aaaahhh)… Il fait son show à lui, avec talent, il faut reconnaître. Il réveille le public, ce voleur de vedette !

Pedros est lui sur le terrain comme un spectateur. Comme le premier et le plus heureux des spectateurs. Il distribue des sourires à tous ses copains sur la pelouse. En première mi-temps, il touche quand même quelques bons ballons, balance un ou deux caviars pour Loko qui terrorise Pougnier et Kombouaré. Mais il n’est pas le plus en vue. Il se laisse battre sans broncher dans son duel avec Laurent Robert (quel joueur encore ! quelle patte !). Il est l’hôte. Grand seigneur aux cheveux longs qui promène ses invités sur son domaine. Quand commence la deuxième mi-temps, on s’inquiète de ne toujours pas l’avoir vu marquer. Il commence à tenter sa chance, se rapatriant plus facilement dans l’axe. Quatre jongles suivis d’une volée au dessus, un magnifique frappe des 20 mètres qui aurait trouvé la lucarne sans un arrêt miraculeux de Pascal Sellem… Sellem qui, jouant son rôle de parfait pitre, alternera le meilleur et le pire. Mais le meilleur sur Pedros ! L’ingrat !

Non, il va se rattraper. 80ème minute, Le Dizet sort. Il est remplacé par deux jeunes pousses, deux numéros 8, les fils, Tom et Léo, deux adolescents qui viennent embrasser leur père, des Pedros. Quelques minutes plus tard, corner pour les All Stars. Le père appelle Tom et l’invite à se placer en attaquant, prêt pour le contre. La balle est dégagée par le défense nantaise, retombe sur Pedros père qui, du gauche, balance une louche qui lobe Kombouaré et lance la course du fils. Il donne tout ce qu’il a, sous les encouragements de l’ex-entraîneur parisien, sourire aux lèvres. Vient l’obstacle Sellem. La frappe… Le but ! Ouf. Vengé. Un Pedros aura marqué. Du droit (oui, ses deux fils sont droitiers…), mais tant pis. Deux minutes plus tard Reynald sort sur un 6 partout sans tie-break. Acclamations pour le héros de la soirée. Tout le terrain applaudit. Sa femme et sa fille rejoignent le père et les fils. Haies d’honneur. Remerciements. C’est fini, le match n’atteindra pas les 90 minutes. Les pom-pom girls et le champion du monde de freestyle Gautier Fayolle reviennent animer la fin de match comme ils avaient animé la mi-temps mais on s’en va rapidement.

Heureux d’être venus, nostalgique de notre club, contents du spectacle. Merci les gars.

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2 Commentaires

  1. Nautilus 7 juin 2012 at 17:39

    Merci ce compte-rendu, c’est super sympa.

  2. Yvan 8 juin 2012 at 00:08

    Tu m’as fait vibrer avec tes envolées lyriques.
    Merci K’ptain pour ce joli résumé !

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